LE MACARON : LE TRAIN DU LITTORAL 

L'autorail diesel-électrique Brissonneau et Lotz

Sigle des Chemins de fer de Provence

Chemins de fer du Sud France : Ligne à voie métrique : Toulon - Hyères- Saint-Raphaël - Cogolin - Saint-Tropez

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Maquettes Ardèche MIniatures

 

La traction diesel fait son apparition sur le réseau des chemins de fer de Provence en 1935. Le service a été assuré depuis cette date, sans discontinuer par les autorails Brissonneau mise à part la parenthèse de la guerre de 39-45 où les locomotives à vapeur ont du reprendre du service. La motrice et la remorque formées de 2 caisses indépendantes montées chacune sur une paire de bogies, étaient cependant indissociables. Ils ont été mis en service en 1935 au nombre de 10 puis 4 en 1938. Le but était d'éliminer au plus vite la traction vapeur.

Dès 1927, la compagnie songeait déjà à réduire drastiquement les coûts d'exploitation; en 1932, il fut sérieusement envisagé d'acheter douze automotrices à accumulateurs mais finalement, le 25 octobre 1933, le choix se porta sur l'acquisition de 10 automotrices diesel à "huile lourde" ( on appelle ça du gazole de nos jours) .Ces engins développaient une puissance de 270 chevaux. La commande fut passée le 16 février 1934. 

Couleurs des brissonneau & Lotz

D'après José Banaudo, le bas de caisse était bleu et les montants  de fenêtres et toitures gris pâle (ivoire ?) cependant les diverses maquettes  vues ici et là sont toujours avec un toit plutôt crème; alors quelle  était donc la bonne couleur ?? Avis aux spécialistes.

Le conducteur n'avait même pas  de siège fixe à sa disposition, un simple tabouret en bois était livré d'origine; la plupart du temps, rapidement remplacé par une  chaise de cuisine plus confortable : l'ergonomie et le confort du  machiniste n'étaient visiblement pas des notions prioritaires à  cette époque !! Il y'avait fort heureusement des toilettes à bord  ( 1 WC + 1 lavabo) situés dans la remorque contrairement à toutes  les anciennes voitures voyageurs ayant équipé le train du littoral  et qui en étaient totalement dépourvues : les voyageurs ne pouvaient  compter que sur les nombreux arrêts en gare pour se soulager d'un besoin pressant.

A partir de 1941, la pénurie de carburant entraîna pratiquement l'arrêt de leur circulation; on dut ressortir les vieilles locos  à vapeur pour assurer le service. Peu après la libération, le service  reprit avec des autorails fatigués; certains avaient été plus ou  moins endommagés par les bombardements ( les ZM 1, 5, 7 et 14).La  vitesse limite fut ramenée de 75 km/h à 60 km/h.

La fin sur le réseau des CP et la  nouvelle vie des Brissonneau en Espagne :

Sur le forum de LR Presse (Loco Revue), j'ai pu lire ces éléments très intéressants : Dans le livre d'Yves Broncard sur les Brissonneau en Espagne, il est indiqué que 28 éléments furent envoyés en Espagne à la fermeture du Sud France. Ce furent 12 rames doubles + 2 incendiées + 2 locotracteurs, ce qui fait un total de 30 éléments...Au  2ème trimestre 1972, lors de la reprise du ferrocarril del Cantábrico (Chemins de fer cantabriques) par la FEVE, une grande partie du matériel fut repeint en bleu. Le ferrocarril del Cantábrico reçut 1 tracteur + 1 rame complète. Pour la desserte locale. Les rames incendiées de Fréjus furent transformées en remorques à grande capacité, remorquées par des autorails Renault. Du fait de la disponibilité de seulement 3 autorails, il fallut construire 6 remorques neuves. 2 châssis de récupération furent équipés de bogies proches du modèle Brissonneau. Ces remorques de construction espagnole furent aussi désignées comme Brissonneau. Elles ont été construites par la Société de Construction Navale. Le service a duré au moins jusque dans les années 70 pour les Renault, remplacés parfois par des Brissonneau. Une partie du matériel a été repris par les Ferrocariles Economicos de Asturia.

Une rame ( ZM 12 + ZR 12) était restée bloquée pour révision  depuis 1943 à Creil, faute de pouvoir payer la facture, le réseau  du CP Ne put la récupérer après la fin de la guerre; l'exploitation  de la ligne s'acheva avec seulement 9 rames en juin 1948. Un semblant  de traffic se poursuivit avec 3 rames entre Toulon et Hyères pour  assurer les navettes ouvrières, jusqu'au 18  octobre 1948 . -Une autre  rame était détachée à la Foux pour la desserte de l'usine de torpilles  de Bertaud et fonctionna jusqu'au 4 juin 1949;  les 5 autres furent regroupées au dépôt de Fréjus en attente de  vente.

Après maintes visites de divers représentants  d'autres réseaux, d'estimations et d'expertises diverses, ce n'est  finalement qu'en 1951 que la vente put être enfin réalisée auprès  de 3 compagnies espagnoles exploitant des lignes à voie métrique  dans le nord du pays.

Le Ferrocaril Santander - Bilbao (SB)  acheta 10 rames qui reçurent de nouveaux équipements ( tampons,  attelages, phares encastrés) et une livrée vert et argent avec  filets jaunes.Elles desservaient les lignes Bilbao- Valmaseda et  Bilbao - Santander.

Le Ferrocaril del Cantábrico (FC) mit  en service une seule rame pour assurer la ligne Santander - Llanes

Les Ferrocariles Economicos de Asturias  (EA) reçurent une rame qui assura la ligne Oviedo - Llanes et une  prolongation au delà sur la ligne du FC jusqu'à Santander. Les dernières rames circulèrent quand même  jusqu'en 1985, belle longévité !

Autorails préservés

la rame du chemin de fer des Asturies immatriculée EA MAZ - 1 + RAY-1 a été préservée en 1990 par une association d'amateurs d'Oviedo.  En 1996, elle fut garée près du musée des chemin de fer des Asturies, ou elle fut pillée et incendiée.

Une des double remorque des FRC fut racheté par l'EA. Elle a été utilisée comme local de formation puis hall d'expositions itinérantes. Elle fut repeinte en crème et rouge. Préservée au musée des CF de Gijon elle a été repeinte en bleu FEVE

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Sources : José Banaudo - Kjell Strandberg - Tout d'abord, les passionnés de ce train doivent se procurer l'excellent livre de José Banaudo paru en 1999, la référence absolue en la matière : "Histoire des chemins de fer de Provence , tome 2 :Le train du Littoral "  ( Les Éditions du Cabri) avec la participation du G.E.C.P ( Groupe d'étude pour les Chemins de fer de Provence) et Raymond Bernardi - La Vie du Rail du 13/01/1974 ( courrier des lecteurs) - Gabriel Bonnafoux (†) : "1880-1980; Un siècle de transports en commun dans l'agglomération toulonnaise" ( ouvrage formidablement bien documenté paru en 1985 mais hélas épuisé) - Forum LR Presse

Sources iconographiques : Photos : Collection Roland Le Corff - Photos extraites des livres de José Banaudo et Gabriel Bonnafoux. Nils Öberg (Wikipédia) - Site Passion métrique :  http://www.passion-metrique.net/forums/