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Azur et or, les couleurs du ciel, de la mer et du soleil de Toulon

Concordia parva crescunt - Dans la concorde se font les grandes choses.

Avertissement : Le but de cette page perso n'étant pas de faire de la politique ni de la polémique ( je m'en garderai bien), je préfère avertir l'internaute (surtout s'il est toulonnais ) qu'il faut interpréter avec beaucoup d'humour mes propos sur ma ville natale même si parfois, ils ne sont pas forcément très tendres..ne vous méprenez pas cependant, j'aime toujours ma bonne ville de Toulon.

Touchez le pompon rouge, ça porte bonheur !

 

Préambule : Toulon ,c'est la ville où je suis né en 1951; je l'ai quittée il y' a près de 35 ans mais je n'ai pu oublier cette période 1951-1968 pendant laquelle j'ai vécu mes jeunes années dans cette vieille cité. Toulon a beaucoup changé depuis tout ce temps et pas  forcément en bien, mais malgré tout, j'aime toujours  y revenir au moins une fois par an.

Le blason de Toulon : Azur et or

Ce blason est magnifique dans sa simplicité: d'azur à la croix d'or - Croix de guerre 1939-1945 -avec la devise historique : "Concordia parva crescunt", ce qui signifie : "Dans la concorde se font les grandes choses."  On voit également cette autre traduction dans Gaso, la banque du blason : "par la concorde les petites choses deviennent grandes"

Traduction plus claire en langage d'aujourd'hui : grâce à l'union des coeurs, des esprits, on arrive petit à petit à réaliser de grandes choses en partant de peu; en quelque sorte , l'union fait la force ! ou avec de la persévérance et de la solidarité, on arrive à vaincre tous les obstacles et à bâtir des grands projets.

Le blason de la ville de Toulon date du 14e siècle. Mais on ne sait pas si la croix est une évocation des croisades ou bien une imitation de celles de villes comme Marseille ( croix bleue sur écu blanc) , Fréjus et Antibes.

Toulon n'a pas usé de la faculté qu'elle avait, comme "bonne ville", de porter un chef de France puisque l'on voit toujours briller sa croix dans sa primitive simplicité. Source : Gaso, la banque du blason :  http ://www.gaso.fr/accueil.htm

Nouvelle signature pour Toulon :  L'équipe municipale autour d'Hubert Falco vient de décider l'adoption d'un nouveau logo et d'un nouveau nom pour Toulon : "Toulon port du Levant", le logo qui représente une voile gonflée par le vent ( un spi bleu) frappée de la croix jaune s'inspire bien évidemment du blason de notre ville, un peu au-dessous sur la gauche, une sphère symbolise le soleil. Ce logo a été créé bénévolement par Gaston Secondi, un proche collaborateur du Maire et personnellement, je le trouve très réussi.

Sur les courriers officiels émanant de la mairie, les armoiries figureront toujours en tête, le logo viendre se poser comme une signature; il figurera sur tous les communiqués, prospectus et tous documents qui participent à la mise en valeur de l'image de la ville. ( info lu dans Var-Matin du 15 avril 2003)

Nostalgie : à la recherche du temps perdu :

Souvent, je me demande si j'aime encore cette ville de Toulon que j'arpente à chacune de mes venues, à la recherche de mes souvenirs; en réalité le Toulon que j'aimais a disparu à jamais, c'est celui de mon enfance, de ma jeunesse. Le majestueux cuirassé Jean Bart a disparu à tout jamais du port, les trolleys sont partis à la ferraille, mes magasins préférés, les cinémas où j'allais, sont fermés; le béton hideux a poussé partout, la circulation est infernale....

La ville d'aujourd'hui n'a plus grand chose à voir avec celle d 'il y'a 35 ou 45  ans et c'est normal. Tout le monde vit un peu dans la nostalgie d'une époque passée ( celle de sa jeunesse, bien sûr !) qui était toujours bien plus belle et plus merveilleuse que le temps présent. Déjà mes parents dans les années 60 ou 70 me disaient que Toulon, "C'était tellement bien autrefois, avant la guerre, si tranquille...Maintenant, il y'a trop de monde, trop de circulation, trop de bruit, trop d'immeubles, trop de délinquance..."

Je crois que Georges Blond, dans son livre: "Rien n'a pu les abattre" est un des auteurs qui a vraiment su raconter l'histoire de Toulon depuis ses plus lointaines origines, d'une manière à la fois passionnelle et passionnante. J'ai vraiment aimé ce livre écrit vers 1967, que je recommande à tous les amoureux de Toulon. L'auteur déjà à cette époque, ressentait une certaine nostalgie du Toulon d'antan et s'inquiétait fortement pour l'avenir de la ville et notamment celui de sa Marine dont il constatait avec regret la réduction progressive à l'état de peau de chagrin avec pour conséquence un port de guerre de plus en plus vide.

Toulon et sa vilaine réputation:

De tous temps, Toulon a souffert d'une mauvaise réputation surtout auprès des "étrangers", d'une très mauvaise image de marque et je ne suis pas sûr que celle-ci ait vraiment disparu dans les esprits, notamment chez les "Parisiens", " Lyonnais"et autres gens du nord" Vous savez, tous ces "estrangers" qui ne sont pas immatriculés 83 et que les vrais Toulonnais prennent tant de plaisir à klaxonner méchamment ou à insulter quand ils ne démarrent pas dans les 3 secondes au feu vert ou lorsque visiblement égarés, ils cherchent un tant soit peu leur route. Pas toujours sympas, les toulonnais !!

Toulon n'a hélas jamais connu le prestige et la richesse de ses belles voisines méditerranéennes de la Côte d'Azur; Cannes et surtout Nice et ce malgré une situation au sein d'un site naturel admirable et grandiose, notre magnifique rade que nous n'hésitons pas à qualifier de "la plus belle d'Europe".Ne parlons pas de Marseille, éternelle rivale que seulement 70 kms séparent, Toulonnais et Marseillais ne se sont jamais vraiment appréciés, même l'accent est différent, c'est dire.

Toulon dans un passé encore pas si lointain, avait cette réputation sulfureuse qui affecte la plupart des ports de guerre : l'image des marins en bordée après un trop long séjour en mer et toutes les privations de toutes sortes qu'il faut bien compenser dans les bars à matelots et les bordels de la basse ville et de son quartier réservé, les bagarres d'alcolos, la prostitution, les trafics en tous genres, et tous les délits de toutes sortes qui vont avec...

    ll suffisait de parler dans une conversation de Toulon à quelqu'un, à Nancy ou à Limoges, pour s'entendre répliquer finement :" Ha, oui Toulon ! c'est Chicago !!" Vraiment vexant pour le Toulonnais qui entend ça ! La rue du Canon agaçait tellement la municipalité qu'elle finit un jour par la rebaptiser rue Pierre Semard (du nom syndicaliste communiste fusillé comme otage en 1942, par les Allemands à Évreux. Le canon existe toujours, fiché dans le trottoir juste au coin de la rue. Moi, je regrette ce nom de rue du Canon, c'était plutôt bien.

Toulon et sa mauvaise gestion congénitale :

Toulon a depuis longtemps été une des villes les plus mal gérées de France; à partir des années 50, la ville a connu des dizaines d'années de gestion municipale discutable pour ne pas dire déplorable. J'ai vécu toute ma jeunesse sous "le règne" de la municipalité d'Édouard Le Bellégou puis sous celle de Maurice Arreckx, grande figure toulonnaise, qui a dirigé pendant plus d'un quart de siècle cette cité avant de partir pour le Conseil Général du Var; la suite on la connaît : une fin peu glorieuse marquée par de bien sombres affaires de corruption et de détournements de fonds publics: une éclaboussure de plus pour l'image de Toulon qui n'en avait vraiment pas besoin.

Passons rapidement sur l'épisode FN de Jean-Marie Le Chevallier qui valut bien des volées de bois vert à Toulon et à la réputation de ses habitants ( C'était le choix des Toulonnais à cette époque et dans un contexte bien particulier, de quel droit pouvait-on les juger surtout. A Paris ( ou ailleurs) on aime bien donner des leçons de morale mais parfois il serait bon de balayer devant sa porte. Bon après les Toulonnais se sont aperçu qu'ils s'étaient plantés royalement, alors ils ont voté différemment et c'est très bien, ça s'appelle la démocratie, la liberté, le libre arbitre et c'est tout à l'honneur de notre beau pays, la France)

Aujourd'hui, c'est Hubert Falco (UMP) qui tient les rênes, un homme du cru; Toulon tient-elle enfin le maire qu'elle mérite? Il avait été vite repéré en haut lieu dans l'équipe de Jean-Pierre Raffarin,et nommé secrétaire d'État aux personnes âgées puis ministre délégué, poste qu'il a préféré abandonner le 28 octobre 2004 pour pouvoir se consacrer plus assidument à la gestion de la ville. Hubert Falco est également sénateur.  Il vient d'être réélu haut la main le 23 mars 2014.

HUBERT FALCO ET LE TRAMWAY : Hubert Falco est en train de faire une ÉNORME ERREUR  actuellement en voulant abandonner le projet tramway sur rail pour un BHNS ( bus à haut niveau de service qui roule sur pneus) ; Pour ma part, je considère que c'est une grosse "CONNERIE"  et je regertte cette décision de la municipalité de Toulon..

Allez-y ! Plantez vous bien Messieurs ! Vous ne pourrez pas dire  que vous n'aviez pas été prévenus. Remettez nous plutôt un vrai tramway sur 2 files de rails à la place du BHNS. Regardez un peu ce qui se fait ailleurs ! Les exemples ne manquent pas même dans des villes moyennes.

"I have a dream"

( j'ai fait un rêve) : je me prends parfois à rêver de voir Toulon dirigée par un homme et une équipe municipale : honnête, compétente, dynamique, respectueuse  et soucieuse des préoccupations de ses concitoyens et comptables des deniers publics.

Toulon a presque tout raté jusqu'à présent, est passé à côté de tout et n'a qu'une médiocre image de marque, même les touristes l'ignorent trop souvent et injustement. Des années de choix plus déplorables les uns que les autres ont contribué à fortement l'enlaidir : le béton et les tours ont poussé comme des champignons, le quartier de la Rode en est un exemple, la Maison des technologies... le Centre commercial Mayol quant à lui est une véritable verrue au coeur de la vieille ville s'ajoutant en cela au vieux stade du même nom on ne peut plus mal placé, avec sa fort laide tribune de béton précontraint.

Cet hypermarché Carrefour avec ses galeries marchandes au coeur de la vieille ville a littéralement "flingué" tous les petits commerces de cette zone si pittoresque mais il draine une abondante clientèle. Sur  le cours Lafayette et surtout dans petites les rues adjacentes, ce ne sont que rideaux de fer définitivement tirés ou commerces moribonds, parfois d'autres boutiques ont pris le relais du genre marchands de kebabs.

Kebab sur mer : Ces derniers progressent d'ailleurs petit à petit parmi les commerces du port. Le restaurant de poissons ou la marchande de souvenirs de Toulon cèdent progressivement le pas aux fast-food turcs qui se multiplient comme les pains de la parabole. C'est la nouvelle gastronomie toulonnaise.

Même les kiosques à sandwiches bien de chez nous ( jambon-beurre et pan Bagnat ) dont se régalaient nos braves pompons rouges affamés, sont remplacés inexorablement par les envahissants "Döner Kebab", ces gras et bourratifs sandwiches à côté desquels le Big Mac ou le Giant sembleraient presque des nourritures diététiques. Tout fout le camp, ma brave dame ! La Turquie est déjà dans l'Europe et nous ne le savions pas ! Doner de Brest !

Je me rappelle bien de ces marins, avec leur demi-baguette d'où débordait, qui le jambon, qui la salade, les tomates, les oeufs durs, le thon et les anchois; l'encombrant sandwich à la main ou en bouche, obligés de saluer un supérieur qui les croisaient là et fort embarrassé d'une telle situation. Parfois, le matelot avait droit à une réflexion désobligeante de l'officier:"alors, on ne vous nourrit donc pas bien dans la Marine ??"

Toulon voit enfin le bout du tunnel :

Le seul record où Toulon ait brillé, c'est celui de la lenteur pour le percement de son premier tunnel routier, laissant penser qu'il avait été creusé à la petite cuiller. Nous méritons de figurer dans le livre Guiness des records catégorie lenteur. Là aussi le ridicule ne nous a pas été épargné. Commencé en 1993, il fut mis en service en 2002, aussitôt vu le bout du tunnel, il a fallu percer un 2ème tube pour des raisons de sécurité (un seul sens de circulation pour chaque tube) . En fait ça n'aura pris "que 7 ans", le 2ème tunnel, dit tube sud-ouest-est, commencé en 2007, vient d'être mis en service le 15 mars 2014. Les embouteillages vont-ils enfin diminuer ? .

Histoire et Géographie :

le port de Toulon et la mairie au fond

Toulon, une des grandes villes du sud-est de la France, chef-lieu du département du Var depuis 1974 ( avant cette date, c'était Draguignan, modeste ville de 33.000 habitants ), dépendant de la région PACA ( Provence-Alpes-Côte d'Azur), sur la mer Méditerranée . Toulon est le premier port de guerre français devant Brest. La ville abrite un arsenal et des activités de constructions navales, ainsi qu'une industrie chimique et mécanique. C'est également un port commercial et un port de pêche parmi les plus importants de la façade méditerranéenne.

La rade de Toulon est une des plus belles de toute la Méditerranée et l'une des plus sûres tant elle est bien abritée des tempêtes. Elle est protégée au nord par une chaîne de massifs calcaires où culmine majestueusement le mont Faron, au sud par le cap Sicié et la corniche de Tamaris. Aussi, dès le 15ème siècle, les rois de France ont-ils utilisé cet abri naturel pour y établir un port de guerre.

 Le Mont Faron : Quand on approche de Toulon, on ne voit que lui, cet imposant massif de calcaire gris et pelé, piqueté d'arbustes du maquis et de pins d'Alep tortueux, domine Toulon du haut de ses 542 mètres. C'est le phare, la montagne fétiche des toulonnais; de son sommet le panorama est absolument extraordinaire, c'est ce qu'on appelle une vue imprenable. C'était aussi depuis longtemps une position stratégique ce qui lui a valu d'être couronné de plusieurs forts. Plus loin, le Mont Coudon, le Mont Caume et le Baou des 4 Oures, prolongent le Mont Faron de leur masse de calcaire gris clair.

On peut monter là haut soit par une route en lacets digne des Alpes, soit par un téléphérique mis en service le 12 juin 1959. Le mont Faron est vraiment le lieu de prédilection des Toulonnais désireux de respirer le grand air, et de s'en mettre plein les yeux. A ses pieds se déroulent une véritable vue aérienne sur le quartier résidentiel de Super Toulon, juste en dessous puis la ville, la rade avec sa beauté légendaire, la presqu'île de St-Mandrier, le Mourillon, le Cap Brun...Le spectacle de nuit est tout aussi fabuleux.

La promenade jusqu'à mi-hauteur du Faron, par la corniche Escartefigue permet de profiter de très belles échappées sur le panorama et d'apprécier les villas plus ou moins élégantes, nichées parmi les pins d'Alep qui s'accrochent au flanc de la montagne.

On  monte également au Faron pour le fort intéressant musée du Débarquement et le zoo. L'ascension de notre chère montagne par les coureurs cyclistes est toujours un spectacle fantastique, les plus grands l'ont escaladé : Anquetil, Poulidor, Bahamontès, Thévenet, Merckx etc...pour nous, ça vaut le Ventoux ou l'Alpe d'Huez.

Monuments :

Toulon compte plusieurs édifices anciens dignes d'intérêt, tels que l'église romane Sainte-Marie-Majeure (ou Ste-Marie de la Seds), édifiée au 11ème siècle et agrandie au 17ème siècle, l'église Saint-Louis de style néo-classique achevée juste avant la Révolution, l'église St-François de Paule de style baroque provençal, datant du 18ème siècle, située au bas du Cours Lafayette et un vaste hôpital militaire. On trouve, sur les collines qui entourent la ville, des forts datant du 17ème siècle.

Toulon la Romaine :

Anse Méjean 

Construite sur le site de la commune romaine de Telo Martius, déjà mentionnée pour la première fois en 150 avant J-C dans l'itinéraire maritime d'Antonin. Les Romains avaient fait de la rade le point de relâche de leurs bateaux de commerce et installé dans la bourgade l'une des deux teintureries

La petite chapelle ND du Cap Falcon domine l'anse Méjean

impériales de la Gaule. Les fameuses toges des Romains étaient d'une couleur rouge foncé tirant sur le pourpre, cette couleur avait une origine naturelle.On pouvait produire la pourpre à partir du murex, coquillage épineux extrêmement abondant sur cette partie de la côte, ainsi que d'un insecte proche du puceron, une cochenille appelée Kermès qui vivait sur une espèce de chêne dont les feuilles ressemblent à celles du houx ( Quercus ilex: le chêne kermès) implanté sur les collines environnantes...

Le port militaire :

la ville entra dans l'histoire en 1481, quand la Provence devint française. Utilisé comme port de guerre lors des guerres d'Italie, Toulon entreprend sous Louis XII la reconstruction de la Tour royale, à l'entrée de la petite rade

Toulon fut à plusieurs reprises le théâtre de batailles importantes. Le roi Henri IV transféra à Toulon l'escadre de galères, basée jusqu'alors à Fréjus. Il fit creuser une darse de 15 hectares, construire des jetées, établir un arsenal et des chantiers navals et entoura la ville de solides fortifications. La Darse Vieille fut construite entre 1589 et 1640, elle est fermée par deux jetées qui en protègent l'entrée. En 1639, Richelieu créa une marine militaire et choisit Toulon comme centre stratégique de tous les armements navals en Méditerranée.

La ville prit une véritable expansion sous le règne du roi Soleil : Louis XIV; son ministre, Colbert décida que Toulon serait un port de guerre et que le monopole du commerce serait donné à Marseille. Colbert décida de construire une seconde darse de 20 hectares; ainsi Vauban créa la Darse Neuve et repoussa l'enceinte de la ville vers l'ouest. Durant les 17ème et 18ème siècles, la rade fut aménagée et défendue par la construction des forts Saint-Louis, Lamalgue, la citadelle de Six-Fours, les ouvrages des îles d'Hyères...Le développement de la marine entraîna celui de l'arsenal et de la ville. Vauban créa la Darse Neuve, repoussa l'enceinte de la ville vers l'ouest.

 Les galères et le bagne :

au 17ème et au 18ème siècle, Toulon fut le port d'attache des galères royales, dont le rôle était de surveiller la côte. Après avoir été menées par des marins turcs, elles furent ensuite peuplées de forçats qui ramaient et dormaient sans quitter leur place. Lorsque se répandit l'usage du canon, les galères, qui ne pouvaient être armées qu'à la poupe et à la proue, se révélèrent dépassées. Elles furent supprimées en 1748 et remplacées par le bagne. Les galériens devinrent des forçats. Souvenons nous de Jean Valjean et du bagne de Toulon, dans les Misérables de Victor Hugo.

Les bagnes furent supprimés du territoire français en 1852 mais une colonie pénitentiaire fut implantée à Cayenne en Guyane également dans les années 1850. En 1946, le gouvernement français ferma finalement le terrible et inhumain bagne de Cayenne, Seznec et Henri Charrière dit Papillon en furent les "hôtes".

En 1707, durant la guerre de Succession d'Espagne, Toulon résista aux flottes alliées d'Angleterre et des Pays-Bas.

 La Révolution Française :

à la mort de Louis XVI en 1793, les royalistes qui se trouvaient dans la cité, lassés des exactions de la Terreur, cédèrent le contrôle de Toulon à la force navale anglo-espagnole. Les armées de la Convention, sous les ordres du général Dugommier assiégèrent Toulon et forcèrent l'ennemi à évacuer. C'est lors de cette bataille que Bonaparte alors jeune capitaine d'artillerie se distingua en concentrant son attaque sur le fort anglais, édifié sur la presqu'île., le futur empereur Napoléon Bonaparte y gagne directement ses galons de général. Une grande partie de la ville fut incendiée par l'ennemi en déroute.

La "ville infâme" est débaptisée et renommée "Port la Montagne". Bonaparte revint plusieurs fois à Toulon : - En 1796, lors des préparatifs de la campagne d'Italie et en 1798, avant de s'embarquer pour l'expédition d'Egypte.

Toulon au XIXe siècle :

Le Belem à Toulon 

Toulon devient le port de départ pour d'innombrables expéditions maritimes vers les terres lointaines. En 1830 sous le règne de Charles X, l'expédition conduite par l'Amiral Duperré part à la conquête de l'Algérie; Toulon confond dès lors son destin avec celui de la Marine nationale.Elle devient la cité des cols bleus et des pompons rouges.la suite on la connaît, c'est à Toulon que reviendront de nombreux "Pieds-Noirs" ces mal-aimés de la métropole, obligés de quitter cette Algérie tant aimée, en 1962. Cette terrible guerre que l'on s'acharnait à l'époque à qualifier d'évènements, débuta le 1er novembre 1954 .

Elle laisse encore des meurtrissures indélébiles dans les corps et les âmes de ceux qui vécurent ce drame, quelle que soit la nationalité des acteurs de ce drame..

Sous le Second Empire partent de Toulon les campagnes de Guinée et d'Italie, les expéditions vers l'Indochine et le Mexique. Dumont d'Urville découvrit la statue de la Vénus de Milo au hasard d'une escale en Grèce ( il la vola sans vergogne aux grecs comme c'était l'habitude à cette époque, elle se trouve aujourd'hui au Louvre), et l'Antarctique,Une de ces terres sera baptisée Terre Adélie, du prénom de sa femme, toulonnaise de souche. Un des principaux  lycées de Toulon porte aujourd'hui son nom ( je l'ai fréquenté en 1966-1968)

Au second Empire, le style du baron Haussmann à qui l'on doit l'embellissement de Paris, s'affirma dans le domaine architectural : le théâtre, la Place de la Liberté et le Grand Hôtel, le Musée Bibliothèque, le Jardin Alexandre Ier et de nombreux immeubles bourgeois dans la haute ville ( boulevard de Strasbourg) . La rade et l'arsenal seront régulièrement agrandis, jusqu'au début de notre siècle.

Évolution urbaine de Toulon : Toulon étouffe dans ses vieux murs.

L'extension de l'enceinte fortifiée de Toulon prit son départ suite à la venue du prince Louis Napoléon le 27 septembre 1852, en effet la ville commençait à étouffer à l'intérieur de ses vieux remparts, obligeant les  maisons à s'élever à des hauteurs démesurées.  Dès les années qui suivirent, les vieux remparts érigés par Vauban cèdent aux pics des démolisseurs; seule la partie est et la Porte d'Italie bâtie en 1589 demeurèrent debout. Sur l'emplacement des bastions nord, on perça une nouvelle artère de 25 m de large qui portera le nom de boulevard Louis-Napoléon avant de devenir plus tard le boulevard de Strasbourg actuel. Cette artère majestueuse, nos Champs Élysées toulonnais, délimitera la basse ville médiévale de la nouvelle ville haute à vocation bourgeoise. Les beaux immeubles haussmanniens hauts de 4 à 5 étages, poussent comme des champignons. Le boulevard relie la porte Notre-Dame à l'est ( Noël Blache aujourd'hui) à la porte Nationale à l'Ouest.

La gare du PLM est construite en 1852 en haut de l'avenue Vauban, l'avenue Colbert et l'avenue St-Roch datent de la même époque.

La plupart des édifices publics seront construits le long de l'actuel bd de Strasbourg :

Au sud :

-1861 : la manutention militaire aujourd'hui la cité administrative.

-1860-1862 : le théâtre municipal

-1866: le lycée de la ville devenu  lycée Peiresc et aujourd'hui collège Peiresc.

-1883: la caserne Gouvion St Cyr ( devenue le lycée Bonaparte)

-1898 : la sous-préfecture

Au nord :

-1885: le casino-théâtre ( aujourd'hui démoli)

-1875: le cercle militaire et son jardin entre la place de la Liberté et l'avenue Vauban ( aujourd'hui démoli, il subsista pendant longtemps faute de projet valable un grand trou à la place)

-1883-1887: le musée -bibliothèque de la ville

Au cours des décennies suivantes, s'ajouteront la Chambre de commerce, le Palais de justice...

Le démantèlement complet des fortifications sera décrété en 1921 et sera réalisé au cours des années suivantes; il permettra l'ouverture de nouvelles voies : Avenues : Clémenceau, Lyautey et Maréchal Foch. De nos jours, seules subsistent les portes d'Italie (1589) et Sainte-Anne, cette dernière étant la plus récente (1856)

 La Seconde Guerre mondiale :

12 et 13 juin 1940 : Premiers bombardements des avions italiens sur Toulon, Saint-Raphaël, Saint-Tropez. Le 13 juin 1940, appareillage de la force navale Française: les croiseurs "Algérie", "Foch", "Dupleix", "Colbert"…quittent la rade de Toulon pour aller bombarder en représailles, les ports italiens: Gênes, Vado, et les alentours.

14 juin 1940, 4 heures 30 mn : Les navires français ouvrent le feu, sur Vado, Sarone; l'escadre regagne Toulon à midi.

Vendredi 14 juin 1940 : Les Allemands rentrent à Paris, c'est la fin ! C'est la débâcle et l'effondrement complet de l'armée française, et le début d'un gigantesque mouvement de panique qui va jeter des milliers de civils terrorisés et de militaires sur les routes.

Mercredi 3 juillet 1940 : 16 heures 53 mn :  le désastre de Mers el Kébir ( Algérie):  les anglais tirent sur les français ! 1297 marins français tués. Le vieux cuirassé "Bretagne" atteint de plein fouet, chavire entraînant 977 marins dans la mort., le "Dunkerque" est lui aussi atteint, ainsi que le "Provence".Seul le"Strasbourg" parvient à appareiller et à regagner Toulon

Churchill exige que La flotte française soit  désarmée dans des ports britanniques car après l'armistice, il était prévu qu'elle passe sous contrôle italo-allemand.

 Les bâtiments français, qui, en rade de Mers el-Kébir, refusèrent de rejoindre la flotte britannique, par fidélité à Pétain, furent coulés, le 3 juillet 1940, sur ordre de Churchill, qui préférait ouvrir le feu sur les navires français avant qu'ils ne passent sous contrôle allemand. Vichy rompit ses relations diplomatiques avec Londres.

Dimanche 8 novembre 1942  Port de Toulon :  La flotte est là, impeccable, le cuirassé "Strasbourg" porte la marque de l'Amiral de Laborde, commandant de la flotte de haute mer.

A partir du 8 novembre 1942, les Américains et les Britanniques avaient débarqué en plusieurs points d'Afrique du Nord: au Maroc et en Algérie ( Casablanca, Oran, Alger ) Les Américains avaient même bombardé les navires de guerre français à Casablanca ( Maroc). L'amiral François Darlan se trouvait alors à Alger.

 Les Allemands envoyèrent alors des renforts dans Tunis et, en réaction au débarquement des alliés, envahirent la zone sud de la France, réalisant ainsi l'occupation totale du pays.

 11 novembre 1942 : les Allemands viennent de franchir la ligne de démarcation.

12 novembre 1942 : 17 heures 30 mn, Darlan appelle la flotte française à se joindre aux nations unies pour combattre Hitler.

Vendredi 27 novembre 1942 :sabordage de la flotte dans le port de Toulon.

Après l'entrée des troupes allemandes en zone libre en 1942, les officiers de la marine française sabordèrent le plus gros de la flotte française (+ de 45%) mouillée à Toulon, afin d'éviter que les Allemands ne s'en emparent.

Acte de résistance héroïque ou "gigantesque connerie", on ne saura peut-être jamais quelle est la bonne réponse; il semble évident, même sans être historien que si cette remarquable flotte de guerre avait pu partir à temps en Afrique du Nord et se rallier immédiatement aux alliés Britanniques et Américains, le sort de la guerre en eût été radicalement changé, celle-ci aurait probablement duré beaucoup moins longtemps.

Le 27 novembre 1942, l'Amiral de Laborde donne le signal du sabordage de la flotte à Toulon; l'Amiral Alexandre Wassilieff participe à l'opération. Le vice-Amiral Abrial saborde le croiseur "Algérie"( voir photo ci-dessus)

Deux colonnes allemandes devaient pénétrer dans Toulon, par l'Est et ainsi s'emparer du Fort Lamalgue (poste de commandement du Préfet maritime) et de l'arsenal du Mourillon et par l'Ouest pour occuper l'arsenal principal mais aussi les batteries du Cap Cepet qui contrôlaient la sortie du port militaire.

Vers 4h 30 les Allemands entrent dans le Fort Lamalgue et arrêtent l'Amiral Marquis, Préfet maritime. Pendant ce temps son chef d'état major le CA Robin présent aussi à Lamalgue parvient à transmettre au major général de l'arsenal le CA Dornon l'ordre de sabordage qu'il retransmet aussitôt à l'amiral de Laborde à bord du Strasbourg.

La première intrusion des troupes allemandes dans l'arsenal s'effectue à 4h50 à la porte Nord ( Port-marchand ). C'est dans ce secteur que sont tirées les premières rafales de mitrailleuses sur les sous-marins comme le mentionne le rapport de la Haute Cour de Justice.

A 5h25 la porte de l'arsenal principal est à son tour enfoncée par les blindés allemands. Le navire amiral des Forces de Haute Mer (Strasbourg) lance par radio l'ordre général de sabordage répercutés également par signaux optiques. Le branle-bas sonne alors brusquement sur tous les navires bientôt suivi de l'ordre d'évacuation. Ne restent à bord que les équipes de sabordage préalablement désignées et constituées.

Pendant ce temps, les chars allemands ne parviennent pas à se repérer dans l'arsenal et vont perdre de nombreuses minutes avant d'atteindre leurs objectifs; permettant ainsi aux équipes de sabotages de remplir leurs missions. En quelques minutes de multiples explosions vont secouer les bâtiments présent dans l'arsenal, au point que les toulonnais croiront en un terrible bombardement et pour certains en un tremblement de terre.

Plus de quatre-vingt bâtiments sont détruits en pleine nuit. L'opération Lilas est déclenchée. Seuls trois sous-marins gagneront L'Afrique du Nord dont le fameux "Casabianca" du Commandant L'Herminier..

Le spectacle est hallucinant dans le port de Toulon, le mazout a tout envahi sur la mer, il faudra 2 ans pour que l'on puisse s'y baigner à nouveau, quant aux amas de ferrailles qui encombraient le port, difficile aujourd'hui d'en imaginer l'importance.

 Liste des principaux bâtiments détruits :

Cuirassés :  Strasbourg-Dunkerque-Provence.

Croiseurs:  Dupleix-Foch-L'Algérie-Colbert-Marseillaise-Jean de Vienne.

Contre-torpilleurs: Cassard-Aigle-Gerfaut-Lion-Linx-Indomptable-Mogador- Panthère-Tigre- Kersaint-Tartu-Valmy-Vauban-Vauquelin-Vautour-Le Guépard

Torpilleurs: Casque-Bordelais-Bison-Bayonnaise-Froudroyant-Trombe-Siroco-Poursuivante-Mars- Hardi-Palme- Cyclone-Mameluk

Sous-marins: Redoutable-Eurydice-Diamant-Thétis-Sirène-Venus-Vengeur-Naïade- Pascal-Espoir- Acheron-Fresnel-Caiman-Henri Poincaré-Galatée.

AvisosEpargne-Iberville-Chamois-Yser-Impétueuse-Curieuse-Granit-Dédaigneuse.

Autres bâtimentsRance-Durance-Garonne-Gladiateur-etc..

Les marins français essayent en toute hâte de se débarrasser de leur uniforme et de se procurer des vêtements civils capturés; beaucoup s'enfuient à pied à travers les collines.

Les marins capturés seront ensuite démobilisés. Mon père marin également qui a vécu tous ces épisodes en direct, fut pour sa part engagé dans la Gendarmerie maritime à la caserne Malbousquet de Toulon. Le port actuel fut reconstruit dans les années 50.

 Photo ci-joint la porte de l'Arsenal de Toulon avec ses protections contre les bombardements, au premier plan une traction avant Citroën 11 BL s'apprête à franchir l'entrée; il pleut, les passants se pressent sous leur parapluie. Photo non datée.-  collection personnelle Henri Le Corff.

Les bombardements de 1943 : Le 24 novembre 1943 à 13 heures 10, un terrible bombardement met à mal le pittoresque quartier du Mourillon et les vieux quartiers du port, c'est le premier effectué par les alliés.  Sont touchés: le boulevard Bazeilles ( connu pour sa caserne de l'infanterie de Marine), les rues  Castel, Castillon, Lamalgue, le quartier populaire de Besagne...La ligne de tramways subit de tels dommages qu'elle ne pourra jamais être remise en circulation (voir à ce sujet les pages sur les trolleybus toulonnais )

A cette époque mes parents habitaient justement au Mourillon, impasse des Tilleuls au rez-de-chaussée d'une vieille maison; le quartier devient trop dangereux à cause de la proximité du port et de nombreux objectifs militaires, cibles privilégiées des bombardiers Anglais et Américains, ils doivent donc changer de quartier et s'installent au Petit-Bois, boulevard Claude Farrère mais là aussi l'endroit n'est pas sûr. Un jour, une grosse bombe tombe à 50 mètres de la maison, pulvérisant par l'effet de souffle, le toit et les vitres. Les éclats de verre lacérèrent même les draps de lit. Heureusement, ma mère avait quitté la maison à temps et s'était réfugiée sous un ponceau non loin de là, une espèce de petit passage sous la route.

Une autre fois, elle reçut sur le pied un petit éclat de bombe brûlant . Il fallut encore déménager, cette fois vers la Serinette, juste au coin du chemin de la Calade et de la route du Cap Brun, à la villa Miraflorès.

Le 4 février 1944, 500 bombes furent déversées sur Toulon, puis un autre bombardement suivit le 16 mars 1944. Un gigantesque incendie ravagea le grand magasin des "Dames de France", la Poste, l'Hôtel de Ville, le Palais Vauban...Les témoins de cette évènement se souviennent encore des papiers enflammés qui virevoltaient dans le ciel en provenance de l'incendie des Dames de France. On aurait dit une neige noire. Le quartier du Mourillon, devenu inhabitable fut mis en zone interdite et évacué sur ordre des Allemands. La population avait fui Toulon, elle était tombée à moins de 50.000 habitants.

1944 : Les bombardements se succédaient, le 11 juillet 1944, à la Seyne, des habitants s'étaient réfugiés dans un abri qui était en fait une sorte de tunnel d'égoût ; il y'eut un mouvement de panique terrible et 96 personnes moururent piétinées.Ce drame eut un retentissement considérable.

Au 10 août 1944, il y'avait déjà eu 8 bombardements sur Toulon;  le 26 août 1944, c'est le défilé de la libération sur le boulevard de Strasbourg, le martyre de Toulon prend fin.

  La population toulonnaise au fil des siècles : Le record pour Toulon a été battu en 1975 et jamais égalé depuis

ÉVOLUTION DE LA DÉMOGRAPHIE TOULONNAISE

Année

Population ville

Agglomération

(12 communes)

1720

26.296

 

1721

10.493

 

1801

20.000

 

Fin 19ème siècle

95.000

 

1901

101.602

 

1923

106.000

 

1931

133.262

 

1936

150.310

 

1942

167.018

 

1944

50.000

 

1946

125.741

 

1954

141.117

 

1962

161.300

 

1968

174.799

311 932

1975

181.801

346 235

1982

179.423

 

1990

170 167 

437.553

1999

166 639

478.206

2006

167 816

 

2009

 

433 688

2011

163 974

 

 

Culture :  Ville de tradition navale grâce à son vaste port naturel, Toulon a, pour cette raison, connu de fréquentes attaques et subi des dommages importants pendant la Seconde Guerre mondiale. Le quai Cronstadt ( ex Stalingrad ) a depuis été reconstruit pour offrir une agréable promenade de front de mer, ponctuée de nombreux magasins et cafés mais le style de ces barres de béton est absolument hideux et ces bâtiments vieillissent fort mal. La vieille ville conserve quelques remarquables bâtiments, notamment la cathédrale Sainte-Marie-Majeure, édifiée au 11 ème siècle, puis profondément remaniée au 17ème. Le remarquable musée de la Marine retrace l'histoire de la ville, grâce à une superbe collection d'objets marins, maquettes de navires, miniatures de galions, figures de proue sculptées, tableaux...L'université de Toulon et du Var est située dans la municipalité voisine de La Garde.

 

 Voir la suite hand01_next.gif: la vieille ville

Sources pour le sabordage de la flotte : Georges Blond :  "Rien n'a pu les abattre " - et  site Internet : Netmarine:   http://www.netmarine.net/forces/operatio/sabordage/index.htm   

© Roland Le Corff 2003- version du 24/03/2014      Retour haut de la page